Partager l'article ! Un professeur condamné pour une claque sur un élève: Vous vous souvenez certainement de ce 28 janvier 2008 où un professeur de collège ...
Laurent PLAGNOL
Avocat au Barreau de PARIS
Vous vous souvenez certainement de ce 28 janvier 2008 où un professeur de collège avait jeté à terre les affaires d'un élève avant de la plaquer contre le mur. Devant la réaction du garçon qui
l'avait alors traité de "connard", l'enseignant l'avait giflé.
Après une plainte des parents (dont le père est gendarme), l'enseignant avait été placé en garde à vue puis renvoyé devant le Tribunal Correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe (Nord) pour "violences
aggravées".
Cette affaire avait suscité une forte émotion dans la communauté enseignante ; les syndicats s'étaient mobilisés pour soutenir leur collègue face à ce qu'il estime être la difficulté
d'enseigner. Je me rappelle même que le Ministre de l'Education Nationale avait déclaré qu'il était regrettable de transformer en affaire judiciaire ce qui aurait dû se traiter à l'intérieur de
l'école, avant de déplorer qu'on "ostracise" ainsi les enseignants.
L'enseignant avait plaidé un geste impulsif de père de famille.
Oui, mais la loi reste la loi et les règles de fonctionnement d'une société ne peuvent être bafouées impunément.
C'est ce que vient de rappeler en substance le Tribunal Correctionnel qui par jugement du 13 août 2008 a reconnu le professeur coupable de violences aggravées et l'a condamné à 500
euros d'amende.
Fort justement à mon sens.
Nul n'a le droit (sauf exception très précise) de frapper autrui. Qui plus est lorsqu'on est un adulte d'une cinquantaine d'année face à un mineur de 11 ou 12 ans. Qui plus est lorsqu'on est
représentant de l'Etat, formé à la transmission du savoir et la gestion d'une classe.
Il reste que l'affaire n'est pas encore définitive : un délai de 10 jours court pour éventuellement faire appel. La victime a quant à elle changé d'établissement pour l'année
prochaine...
Il convient au surplus d'indiquer, même si les faits se suffisaient à eux-mêmes pour justifier juridiquement une condamnation, que le professeur avait reconnu à l'audience une certaine
dépendance à l'alcool, qu'il souffrait de problèmes de comportement et qu'entre 1999 et 2001, le Procureur de la République avait précisé que la première épouse de cet enseignant avait déposé 3
plaintes pour actes de violence.
Bref, un enseignant n'a pas à frapper un élève. Indiscutablement.
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